Aile gauche du PS, le changement c’est «Maintenant» ?

Dans mon article précédent, je revenais sur la décennie 80, celle du grand tournant libéral dont le PS a été l’un des artisans…tout le PS ? Pas tout à fait, car dès 82-83 des voix contestataires se faisaient entendre au sein du parti, notamment celle de Jean Pierre Chevènement, dont les analyses avphoto_1320676801302-7-0aient d’ailleurs un caractère assez visionnaire. D’autres ont suivi comme le trio Mélenchon-Dray-Lienemann de la « Gauche socialiste », durant les années 90, Hamon et son « Monde d’avance » plus récemment, ou encore Montebourg lors des primaires. En tant qu’ancien électeur du PS, j’ai longtemps partagé les positions de son aile gauche, tout en constatant son impuissance à freiner la dérive du parti vers le centre-droit. Plus tard,  je me suis dit que Mélenchon avait eu raison de partir et que son combat serait plus efficace hors du parti qu’en son sein. Plus efficace cela reste à démontrer, et l’histoire des gauches plurielles ou le parcours de Chevènement montrent qu’il est difficile pour des partis minoritaires d’exister à gauche du PS. Quoi qu’il en soit, dans cette période de crise, où le PS est de nouveau au pouvoirLogo-MaintenantLaGauche-coul-moyen et semble prêt à aller encore plus loin dans le libéralisme, j’ai eu envie de m’intéresser à l’aile gauche actuelle, à ses critiques comme à ses propositions. Je dois reconnaître que je me suis intéressé seulement au courant « Maintenant la gauche», qui a obtenu 1Maurel-Lienemann-Guedj_pics_1803% des voix au congrès de Toulouse d’octobre, et au trio qui l’incarne médiatiquement, composé de Emmanuel Maurel, Jérôme Guedj et Marie-Noëlle Lienemann, trois personnes que j’apprécie à titre personnel. Je sais qu’il existe d’autres courants à gauche du PS, comme Roosevelt 2012 autour de Larrouturou, sur lequel je reviendrai bientôt, mais « Maintenant la gauche » me semblait plus dans la lignée de la « Gauche socialiste », comme en atteste par exemple la présence de Lienemann. En fait, je me suis demandé à quel destin ce trio serait promis si la crise continuait à s’approfondir : un poste ministériel à la Hamon-Montebourg ? Une rupture à la Mélenchon ? Ou plus inédit, l’obtention d’une majorité au sein du PS permettant de le réorienter à gauche ?  A vrai dire, je n’ai pas d’avis tranché sur la question, et de même qu’on ne peut pas prédire le niveau de Benoit-Hamon-Arnaud-Montebourg_pics_390chômage qu’un peuple est prêt à accepter avant de se révolter (Pompidou parlait de 500 000 !), on ne peut pas estimer le niveau de crise ou de social-libéralisme qu’il faudrait atteindre pour qu’il se passe quelque chose de radicalement nouveau au sein du PS. Ca n’empêche pas d’y réfléchir en tout cas, surtout en cette semaine de forte mobilisation contre l’accord MEDEF-CFDT sur la flexibilité, que dénonce, parmi d’autres, « Maintenant la gauche »…

Le Hollandisme vu par la gauche du PS

Si je me suis intéressé au trio Lienemann-Maurel-Guedj, c’est d’abord4896141 parce que je partage leurs critiques des mesures gouvernementales. J’avais fait un premier bilan en vidéo des 6 premiers mois de Hollandisme, mais il me semblait intéressant de le revisiter rapidement du point de vue de « Maintenant la gauche », parce que ça lui donne plus de poids je trouve. Ce qui va suivre n’est donc pas un best of des 8 derniers mois de ce blog ou de celui de Mélenchon, mais la politique socialiste vu par la gauche du parti socialiste.

On commence avec quelques déclarations très explicites sur le TSCG de Maurel (A chaque nouveau traité, on nous dit que c’est une étape nécessaire pour construire une Europe sociale qui ne vient jamais), Lienemann (François Hollande disait que le traité devait être modifié et complété. Modifié, il ne l’est pas. Complété, il l’est, mais de manière faible. Ce traité instaure une austérité durable et prive les Parlements et les citoyens des arbitrages budgétaires) ou encore Guedj (Ce Traité ne dit pas un mot sur la responsabilité des marchés financiers dans cette crise). Sur le même thème de la rigueur, le trio s’est ensuite opposé aux baisses de dépenses publiques de tscgHollande qui «vont plomber les collectivités locales, tuer l’investissement nécessaire à la modernisation du pays et à la croissance et réduire la qualité des services publics » et ont demandé «au chef de l’État de renoncer à l’objectif intenable de 3 % du PIB en 2013». Pour Maurel, « il est quand même incroyable que, dans un parti laïque comme le PS, il n’y ait plus qu’une seule chose sacrée, les 3 % ! »

L’autre mesure emblématique du social-libéralisme gouvernemental a été le Crédit d’impôt de 20 milliards aux entreprises. Pour Lienemann, sur le fond, « la démarche gouvernementale vient en appui de la thèse du rapport Gallois sur la baisse des “coûts” du travail. C’est une forme d’abdication 06.11-Louis-Gallois-Jean-Marc-Ayrault-remise-rapport-930620_scalewidth_630idéologique.» Plus précisément, la mesure est critiquée parce qu’elle n’est pas ciblée  (« seuls 37% des allègements vont aller aux secteurs importants pour la compétitivité »), qu’aucune contrepartie n’est exigée (« La moindre des choses serait qu’il y ait des réelles contreparties, en terme d’emplois, d’investissements d’avenir ») et qu’il s’agit d’une mesure politiquement inacceptable pour l’électorat de gauche (Le dispositif va conduire l’état à adresser des chèques aux entreprises sans distinguer entre celles qui auront investi dans la recherche et l’emploi, et celles qui auront licencié, distribué des dividendes, etc. Demain, un chèque SANOFI ou un chèque MITTAL pourraient être pour nous aussi désastreux que le chèque Bettencourt issu du bouclier fiscal de Sarkozy). Dernier point critiqué, le mode de financement de cette mesure, reposant notamment sur une hausse de TVA : «Ce qu’on a dit avant l’élection est toujours valable. La TVA est un impôt injuste qui pèse sur tout le monde1193063_arcelormittal-florange-blast-furnace-labour-union-representative-martin-speaks-to-journalists-after-a-meeting-at-the-hotel-matignon-offices-of-the-french-prime-minister-in-paris

A la même époque, il y a eu l’épisode Florange, et le trio s’était rangé derrière Montebourg, en considérant « qu’il fallait que l’Etat reprenne l’affaire en main, engage la nationalisation temporaire et contacte les repreneurs intéressés. » On sait malheureusement comment ça s’est fini.

On en arrive aux renoncements de ce début d’année, avec l’accord sur l’emploi signé entre le MEDEF et 3  syndicats non majoritaires, et présenté ces jours-ci par le gouvernement comme une avancée formidable vers la fameuse flexi-sécurité (voir ce qu’en dit François Ruffin ici). La position de « Maintenant la gauche » est très claire : « Il est manifeste que ce texte est déséquilibré en faveur du patronat. Il contient de nombreuses régressions sociales que les quelques avancées ne peuvent en aucun cas justifier, notamment les accords de maintien de l’emploi, copies conmartineformes des accords compétitivité-emploi de Sarkozy.» Cerise sur ce gâteau social-libéral déjà bien indigeste, la grande réforme de séparation des banques, promise de façon grandiloquente au Bourget par Hollande il y a à peine plus d’un an (voir ce qu’en dit Lordon ici). Pour la gauche du PS  « c’est beaucoup plus flou que ce qu’avait promis Hollande, la loi ne met pas les banques devant leurs responsabilités alors qu’elles se sont comportées comme des pyromanes bref, la séparation des banques n’aura pas lieu. »

Pour conclure, Maurel résume le Hollandisme en parlant de « social-défaitisme ». Pour lui, « contrairement à l’espérance suscitée par le discours 2012-11-15medef-parisotdu Bourget,  le gouvernement n’a pas eu la volonté d’affronter les résistances patronales, de poser un rapport de forces qui serait, à l’issue, favorable au monde du travail. C’est une politique de court terme sous pression d’une politique européenne qui n’a pas été réorientée. » Je partage bien sûr ce point de vue mais je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il fallait être assez naïf pour croire que ce discours du Bourget était autre chose qu’un discours de campagne, et que derrière les belles paroles, il y avait une vraie volonté de Hollande de changer l’Europe et de s’attaquer aux marchés.

La stratégie : critiquer, amender, voter contre en dernier recours

Le constat fait par la gauche du PS est donc très sévère, et cette divergence touche des sujets de fond, structurants : Traités européens, rigueur, baisse du coût du travail, flexibilité, régulation financière et bancaire, rôle de l’Etat. Ma première réaction à ce bilan est que des visions de la société si antagonistes ne devraient pas pouvoir coexister au sein d’un même imagesparti. La deuxième est de regarder malgré tout comment c’est possible, puisque c’est le cas. On peut observer que « Maintenant la gauche » tente d’infléchir la politique gouvernementale vers la gauche, et que leur stratégie repose sur un credo, l’importance du Parlement, et la possibilité qu’il offre de discuter et amender les lois. Maurel par exemple estime « qu’il faut renouer avec l’esprit du discours du Bourget et le transcrire en actes, et cela suppose un Parlement qui joue son rôle. »  L’exemple symbolique a été celui du Crédit d’Impôt, contre lequel l’aile gauche s’est battue pour obtenir des contreparties pour les bénéficiaires et un meilleur ciblage. Dès l’annonce de la mesure, Guedj déclarait ainsi : « Il revient aux parlementaires d’améliorer cette loi. On ne peut pas se contenter de déclarations d’intention. » Malheureusement, le combat a été vain, et Guedj a reconnu : « C’est plié, le gouvernement a tranché, nous laissant le choix entre un conflit majeur et un baroud d’honneur.» Le résultat de l’activisme parlementaire sera le même sur la TVA ou sur Florange, et on voit mal comment cette stratégie pourrait au mieux déboucher sur autre chose qu’un ou deux amendements, permettant de « muscler » un texte de loi sanjerome-guedj_portraits en changer les fondamentaux. Guedj reconnaissait d’ailleurs à propos des deux amendements obtenus sur la réforme bancaire : « Nous voilà confrontés à l’éternelle et consubstantiellement sociale-démocrate question du « verre à moitié plein ou à moitié vide. Trop timide ou avancée significative ? » Je serais tenté de trancher et de dire que ces avancées parlementaires sont destinées à rester marginales, d’abord parce que les députés ou sénateurs sur cette ligne critique ne sont pour l’instant qu’une vingtaine et que l’appui des députés Front de gauche ou de certains Verts n’y change rien, et plus fondamentalement parce que le régime de la Vème République est clairement présidentiel, et que les Traités européens successifs ont contribué ensuite à déposséder les parlementaires du peu de pouvoir qu’il leur restait.

A défaut d’infléchir ou d’amender,  il ne reste alors que le vote « contre » pour marquer une réelle opposition, mais on sent bien que la gauche du PS ne souhaite pas le généraliser, même si Maurel se déclare prêt à assumer la crise interne au PS : « Je préfère une crise politique bien gérée, à une crise structurelle et larvée sur le terrain économique et monétaire. » Le vote contre a donc été utilisé seulement pour le TSCG, et encore faudrait-il nuancer puisque certains des députés concernés ont ensuite voté la loi organique qui découlait du TSCG, ce qui semble pour le moins contradictoire. Sur le crédit d’impôt, malgré l’échec des tentatives d’amendement de la loi, ils ne sont pas lienemann2allés jusqu’à voter contre, Lienemann déclarant par exemple : « On ne va pas traiter chaque désaccord par un vote différent.  La solidarité gouvernementale s’impose à nous. » Prochaine étape à suivre dans les prochains jours,  l’accord sur l’emploi, avec pour l’instant une nouvelle menace de s’opposer : « Sans changement, nos élus voteraient contre. Mais on parle d’un texte qui n’existe pas encore. » En conclusion, pas facile pour eux de sortir de l’enchainement : critiques virulentes, propositions d’amendements, vote contre la mesure, la mesure passe, solidarité gouvernementale et soutien critique jusqu’au prochain renoncement.

Changer de politique : des propositions intéressantes mais qui restent au milieu du gué

La gauche du PS ne se contente pas de critiquer le gouvernement ou d’ava30-propositions-de-la-motion-3ler des couleuvres libérales, mais tente aussi de faire entendre des alternatives en mettant un certain nombre de propositions sur la table. Elles me semblent assez proches de celles du Parti de gauche, dont elles partagent les qualités et certaines limites me semble t-il, notamment vis-à-vis de l’Europe. Mais des lecteurs du blog issus du PdG m’aideront peut-être à mieux cerner les différences…

Globalement, il s’agit de propositions d’inspiration clairement keynésienne, visant à sortir la France et l’Europe de la spirale de l’austérTSCG austerite troikaité par des mesures de relance de la demande et de l’investissement : « Constatons que les politiques de rigueur en Europe ne marchent pas et passons au tournant de la relance. » Pour cela, et notamment face aux plans sociaux en cascade, le trio de «Maintenant la gauche» préconise un « volontarisme sans faille de l’État » et assume, par exemple, la nationalisation, «comme moyen de sauvegarder l’emploi et l’outil, engager sa modernisation et structurer une filière ». Refusant la logique de la baisse du coût du travail, il propose des mesures de compétitivité hors coût assez consensuelles, comme l’investissement dans la recherche ou l’innovation. Il demande également « une meilleure dotation de la banque publique d’investissement et un ciblage des investissements sur les technologies vertes», pour mettre en œuvre une transition écologique et une relocalisation des activités. Pour redonner du pouvoir d’achat aux salariés, sont mis en avant « la revalorisation du smic, le blocage de la hausse des loyers ou encore l’interdiction des licenciements boursiers« . Po41h73reLlmL._SL500_AA300_ur financer ce tournant de la relance, la gauche du PS mise sur la réorientation de l’épargne des français, sur un rééchelonnement des dettes publiques pour se donner des marges de manœuvre, et surtout sur une réforme fiscale ambitieuse, inspirée des travaux de Piketty. Côté financement du modèle social français, l’objectif est de le faire reposer beaucoup plus sur le capital ou la valeur ajoutée des entreprises que sur le travail, même si une hausse des cotisations sociales n’est pas écartée.

Relance, nationalisations, défense des services publics et du modèle social, on n’est finalement pas très loin du programme de Mitterrand en 81-82… Le souci est que ça n’avait pas fonctionné à l’époque en raison de contraintes extérieures fortement renforcées depuis : l’économie mitterrand_1981est encore plus ouverte, le jugement des marchés a plus de poids car les capitaux circulent librement et la finance a été dérégulée, les règles européennes sont plus contraignantes, l’euro a remplacé un SME plus souple et les pays environnants sont en pleine cure d’austérité et baissent leurs coûts comme jamais. Du coup, pour qu’une relance française ne fasse pas exploser les taux d’intérêt de la dette ou les importations de produits allemands ou chinois, il faudrait nécessairement aborder en même temps la question du contrôle des capitaux, envisager des mesures protectionnistes, et éventuellement aussi une dévaluation et donc une sortie de l’euro, ou au moins un passage à une monnaie commune. Je ne suis pas certain que la gauche du PS soit prête à aller aussi loin…

Sur l’Europe par exemple, « Maintenant la gauche » s’oppose évidemment à l’Europe libérale mise en place depuis 30 ans, et a le mérite de le traduire par des actes comme lors du vote contre le TSCG. Le trio reconnaît avoDominique-Strauss-Kahn-L-europe-Sociale-Passe-Par-Le-Oui-DVD-Zone-2-873583390_MLir cru longtemps « à la politique des petits pas et la culture du compromis qui a permis de progresser dans la construction européenne », mais a déchanté et voté Non en 2005 notamment. Ils restent malgré tout européens dans l’âme, rêvent d’une autre Europe sans pour autant la définir très clairement, Guedj évoquant par exemple la nécessité de « construire un autre type de fédéralisme, politique et social, sur une base démocratiquement élue.» Sur l’euro c’est la même chose, les propositions restent trop floues pour être réellement opérationnelles si la gauche du PS se retrouvait en situation de gouverner. Je n’ai pas trouvé dans leurs textes de remise en question de l’euro en tant que tel ou d’analyse des transferts financiers nécessaires entre Nord et Sud pour rendre viable une monnaie unique entre économies hétérogènes. Seul l’euro fort « qui euro-fort-euro-faibleconstitue un handicap majeur pour notre compétitivité» est critiqué mais sans expliciter le niveau de conflit et de rupture qu’ils seraient prêts à assumer avec l’Allemagne et une BCE indépendante pour imposer une politique monétaire différente. J’ai quand même retrouvé une déclaration de Lienemann en 2010 rappelant que «dans le passé, les Etats pouvaient dévaluer leur monnaie, ce n’était pas agréable mais cela permettait de rebondir. Aujourd’hui, ils ont les contraintes des pays les plus forts, avec des conditions de travail, de vie, de productivité plus faibles. C’est une impasse, une logique qui enfonce les plus fragiles, une spirale d’inégalités. » Elle concluait, avec beaucoup de précaution CONSEIL NATIONAL DU PSdans sa phrase : « Je ne suis pas sûre qu’aujourd’hui les grecs n’aient pas intérêt à sortir, de leur propre chef, de l’euro ». Le sujet est donc peut être un peu moins tabou que pour le reste du PS, mais j’ai l’impression que, comme pour le Parti de gauche d’ailleurs, l’euro reste un totem difficile à remettre en question.

Côté libre-échange, c’est la même chose, le protectionnisme n’est pas tabou et la gauche du PS en parle régulièrement, notamment Maurel (L’Europe doit-elle s’interdire, par principe, de recourir au protectionnisme ?») ou Lienemann (« L’Europe peut très bien mener une politique commerciale foMontebourgndée sur une pratique intelligente d’un protectionnisme équitable»). Mais j’ai bien peur que ce protectionnisme équitable soit presque aussi inoffensif que le juste échange à la mode Aubry, et je ne vois pas de réflexion poussée sur le sujet comme celle qu’avait pu mener Montebourg au moment des primaires avec la démondialisation. Par ailleurs, on en reste au projet de protectionnisme au niveau européen, souhaitable sur le principe, mais qui ne me paraît pas réaliste, compte-tenu des rapports de force dans l’Europe à 27 sur le sujet.

La gauche du PS, simple caution de gauche du gouvernement ou vraie alternative dans le futur ?

En résumé, sur le fond, je suis d’accord avec « Maintenant la gauche » pour dire qu’il faut sortir de l’austérité et envisager une politique de relance, avec le bémol qu’il est impératif de la penser dans le cadre d’une transition écologique visant à réduire drastiquement nos consommations en énergies fossiles. Mais envisager une politique de relance implique, pour éviter l’échec de 81, de construire plus largement une grille de propositions permettant de changer le cadre global (Europe, mondialisation, finance) des politiques actuelles. Cela nécessite aussi d’être prêt à aller au bout des conséquences d’un tel changement, c’est à dire à rompre avec l’Europe (et l’OMC), et à agir dans un premier temps au niveau français, dans le cas fort front_de_gauche-c0e21probable où l’on n’arriverait pas à entrainer les autres pays européens dans cette voie. Or, on sent bien que l’idée d’une rupture réelle du fil de la construction européenne n’est pas assumée par l’aile gauche du PS, qui rêve toujours dans le fond (comme le Front de gauche ?) de pouvoir changer l’Europe de l’intérieur pour en faire une Europe sociale. Je pense que ce désir de changement est sincère, contrairement au reste du PS qui prétend la même chose depuis 30 ans mais a appeléHarlemDesir_ChangerEurope_m à ratifier tous les Traités libéraux, mais j’ai peur qu’il soit tout aussi illusoire. D’une certaine façon, « Maintenant la gauche » semble avoir le même objectif pour l’Europe que pour le PS, à savoir les faire évoluer vers la gauche mais de l’intérieur. Elle adopte dans les deux cas la même stratégie (critique sévère, opposition allant jusqu’au vote contre, propositions alternatives), et place à chaque fois ses espoirs dans le Parlement, français ou européen, dont les pouvoirs devraient être renforcés selon eux. Au final, comme le dit Guedj, « Nous ne quitterons pas le PS à cause d’un projet de loi. Ce qui m’intéresse, c’est que le PS réalise des réformes de gauche.» Maurel parle régulièrement de « solidarité et de discipline de groupe ». Sonle-leader-de-l-aile-gauche-du-ps-emmanuel-maurel-le-27-octob_1005019 parcours en atteste, car il a toujours voté PS tout en votant Non à Maastricht et non au traité constitutionnel européen». Il déclare : « J’aime profondément le PS : son histoire, ses militants… Avec ses défauts et ses travers. Je veux qu’on reste fidèle à cette histoire. »  En lisant ça, je me dis qu’un Maurel qui arriverait au pouvoir, après avoir conquis le PS, ne ferait pas beaucoup mieux que Hollande face à Merkel ou Draghi, car sans la volonté d’aller au clash et de renverser réellement la table si besoin, on en restera à des critiques, des discussions animées, puis des couleuvres libérales à avaler lorsqu’on se rendra compte qu’on n’arrive pas à entrainer les autres pays avec nous.

Et si je vais au bout de ma critique, je dirais aussi qu’au final, l’activisme de cette aile gauche est surtout utile à Hollande ou Désir, il leur permet de se 2012-12-31T152017Z_1_APAE8BU16LV00_RTROPTP_3_OFRTP-FRANCE-PS-VOEUX-20121231border à gauche, de garder les 20-25% de militants qui auraient la tentation de rejoindre Mélenchon, sans changer pour autant d’un iota la politique gouvernementale. Maurel assume d’ailleurs lui-même cette fonction de « relai des critiques et des impatiences des militants qui ne se reconnaissent pas dans cette politique ». Plus profondément, l’existence d’une aile gauche retarde encore le moment où il ne sera vraiment plus possible de dire que le PS mène une politique de gauche, où les masques (déjà bien transparents) tomberont définitivement

En attendant, et de façon cynique, Hollande peut se dire que si la contestation monte un peu trop dans les prochains mois au sein du parti, pour la contrôler, il suffira d’un remaniement et d’un poste ministériel ou de9c69324e-4281-11e1-b07d-d220f07e96a6ux offerts à « Maintenant la gauche », comme actuellement avec Hamon ou Montebourg. Au maximum, il peut craindre qu’une ou deux personnalités décident de quitter le PS, comme Chevènement ou Mélenchon dans le passé, mais sans doute pas une vraie fracture au sein du parti. C’est en tout cas ce que l’histoire des 30 dernières années laisse à penser, comme l’illustre par exemple cet article de 1996 dans Libé, ironisant déjà sur l’aile gauche du PS de l’époque et sa relation avec Jospin : « Sa majesté Jospin a donc une oppo5fc2_35sition. Le trio Dray-Lienemann-Mélenchon s’est installé à la gauche du PS, là où tant d’autres, comme Jean-Pierre Chevènement au temps de Mitterrand, ont fait leurs armes. Au PS, ça n’a visiblement bouleversé personne. On dit même que Jospin s’en arrange très bien. «C’est une opposition de confort. Le voilà bordé sur sa gauche», glisse un dirigeant. Il faut dire que les socialistes, coutumiers des coups de gueule de la Gauche socialiste, savent d’expérience que si le discours est radical, la pratique est plutôt sage. »

Alors est-ce que « Maintenant la gauche » peut aller jusqu’à la rupture, et faire ainsi mentir ce cynisme des dirigeants socialistes, qui ont appris à gérer leur aile gauche depuis bien longtemps et en tirent un grand profit électoral ? De façon rationnelle, je ne le pense pas, mais j’ai envie d’y croire un peu quand même, quitte à être de nouveau déçu, comme c’est le cas (pour l’instant) avec Montebourg en qui je croyais pourtant beaucoup lors des primaires. Je vois peut-être deux éléments qui pourraient changer la donne, et conduire à faire éclater le parti socialiste compte tenu de divergences trop fortes en son sein :

–  un approfondissement brutal de la crise en Europe, suite aux élections italiennes, aux manifestations très importantes en Espagne ou au Portugal, et surtout parce que rien n’est réglé sur le fond et que G2-chom-Dares-500x353le chômage va continuer à exploser (cf le dernier billet de Sapir). Ceci pourrait à nouveau remettre sur la table l’hypothèse d’une explosion de l’euro, même si pour l’instant, l’intervention de la BCE en septembre a permis de la retarder. Si l’euro explose, on rentre dans une période de grande inconnue, et tout est envisageable, au PS comme au gouvernement.

– un coup de barre à droite encore plus violent de la politique gouvernementale, au niveau de la baisse des dépenses publiques, des retraites et de la Sécu, ou de la flexibilité.

Dans cette optique d’éclatement du parti, et à condition qu’une partie desgauche_avenir_12-12-2012 électeurs du PS en manifeste le désir, par exemple lors des européennes de 2014 ou plus raisonnablement à l’issue du quinquennat, ceci permettrait la constitution d’un mouvement important à la gauche d’un PS recentré, autour du Front de gauche et de l’aile gauche actuelle du PS. Le dialogue existe en tout cas aujourd’hui entre ces derniers, ainsi qu’avec certains Verts, ce qui est une bonne base pour la Recherche le peuple désespérémentsuite. On pourrait espérer aussi que Montebourg, voire une partie des proches de Hamon et de la motion Larrouturou suivent le mouvement, ce qui commencerait à avoir du poids en terme d’électeurs potentiels. Ensuite, le plus dur resterait à faire pour ce mouvement, à savoir reconquérir les classes populaires, qui ont quitté le PS, mais aussi le PC et n’ont pas encore massivement rejoint Mélenchon. Et pour cela, aborder tous les sujets et sans tabous, pour ne pas laisser certains thèmes à une Marine le Pen ravie de l’aubaine et qui risque de surfer sur l’aggravation de la crise. Il faudra aussi gérer les égos de chaNonAccordMadeInMedefcun et ce sera sans doute tout aussi complexe. Bref, un vaste programme, assez improbable pour l’instant, mais on a le droit de rêver un peu parfois… En tout cas, une première échéance se présente pour juger un peu de la possibilité d’un tel changement, les discussions autour de l’accord de flexibilité qui vont occuper les prochains jours…à suivre donc !

9 responses to “Aile gauche du PS, le changement c’est «Maintenant» ?

  1. une fine analyse, que je partage entièrement même si ma religion est faite depuis plus longtemps. la conclusion logique de la démarche c’est de n’accorder aucune crédibilité à un parti dit de gauche qui ne voudrait pas, d’abord, sortir de l’euro.

  2. Jacques Payen

    Le plus étonnant étant qu’il demeure quelques électeurs de gauche pour accorder la moindre crédibilité à ces… (je cherche un terme qui ne soit pas injurieux) … professionnels de la politique.

  3. Je partage ton analyse. Il me semble qu’une bonne critique de la gauche socialiste de gouvernement, quels que soient les battements d’ailes de ses gallinacés, se trouve dans les différents ouvrages de Jean-Claude MICHEA.

  4. Non, je ne crois pas que l’on puisse rêver. Pas mal de vies vont être brisées ou pas, selon notre degré de lucidité.

  5. Oui, pour l’instant, c’est dramatique de voir que seule Marine Le Pen attaque vraiment l’euro, et relaie Sapir ou Lordon!!! même Mélenchon n’ose/ne veut pas y toucher (Dupont Aignan ou Nikonoff ne sont pas assez audibles). Il y a vraiment un problème de sacralité. Et on a le même problème en Grèce avec Syriza et Tsipras qui veut garder l’euro, alors qu’ils sont quasiment en état de guerre et d’occupation !!! (il y a des dissensions au sein de Syriza, ça peut évoluer, mais ça reste impressionnant). Je crois hélas qu’il ne faut faire confiance à personne. Parce que ça s’articule effectivement sur la capacité à engager le rapport de force (je ne suis pas sûre de faire plus confiance à Mélenchon là-dessus qu’aux autres, malgré les postures). J’ai il y a un an signé le manifeste Roosevelt 2012, mais si les mesures de Larouturrou sont bonnes, il n’y a rien sur la nécessité de l’affrontement pour les rendre réelles. C’est frappant d’entendre Larouturrou (que j’apprécie vraiment, c’est un type engagé et honnête): c’est toujours consensuel, avec les patrons formidables comme Riboud, les Allemands formidables, etc… d’ailleurs le gentil camarade Ayrault était signataire de Roosevelt 2012 également… ça met du doute, non? Je finis par penser qu’il faut un mouvement en dehors des partis, comme en Islande. Ou comme en Italie moins le fascisme rampant de Grillo (son mouvement a l’air plus intéressant que lui, mais on ne sait pas trop où ça va, je suppose que le personnage est une créature de transition). Ce qui est sûr c’est que la culture de parti, actuellement, cela semble être la soumission.

    • Hélène, je rejoins ta conclusion. Au PG depuis le début de l’histoire, je ne suis plus désormais « à jour de cotisation ». Je doute aussi qu’un parti soit la réponse qu’il faut, même fusse-t-il « creuset ». Reste le Front de Gauche, qui au delà du comptage de points entre ses composants se doit de consolider sa base citoyenne de non encartés. Ce sera mon choix pour la suite. Dans cet espace de liberté (on peut rêver, non?) , j’y militerai pour l’abandon de cette relance keynésienne qui ne viendra jamais, et y défendrai une sortie de l’Euro à la Lordon!
      Bien à toi

  6. Analyse pertinente incontestablement, mais il ne faut pas rêver, surtout sur un sujet aussi grave, les gens de la gauche socialiste (ou qui s’estiment l’être) ne quitteront jamais leur parti, même s’il est devenu totalement un parti dévoyé allant vers le centre plus à droite qu’à gauche ; les instances du PS ne les laisseront jamais partir, je dis bien jamais, que ce soit d’une manière ou d’une autre, cela serait bien trop dangereux pour eux, et comme vous le dites si bien ils représentent la vitrine de gauche du PS ; sachez de même que les apparatchiks, qu’ils sont devenus, ne quittent jamais leur parti nourricier.

    Ancien de la « gauche socialiste » l’ayant quitté en 1994, je peux vous garantir qu’il ne suffit pas de déchirer sa carte du PS pour en être débarrassé et quitte, il m’en a coûté suffisamment cher pour que je puisse vous l’affirmer, une entreprise et tous mes biens, il est vrai que je n’étais pas premier fédéral à l’époque ; ceci seulement pour vous dire qu’ un tel scénario n’est même pas envisageable au niveau qu’occupe les personnes que vous citez dans votre article, il suffit de s’interroger sur le suicide de Pierre Bérégovoy pour s’en persuader, et si cela n’est pas suffisant, du retrait de Jacques Delors à la candidature aux élections présidentielles, cet homme, que je ne porte pas dans mon cœur, a eu l’intelligence et la prudence de s’arrêter au moment ou il le devait, il devait tenir à la vie apparemment, et être au fait de certaines pratiques.

    Le pouvoir détenu par les politiques n’est qu’une vitrine pour apaiser les populations, ils n’ont, dans ce système capitaliste, aucun pouvoir sur le devenir de l’économie et des peuples. Les enjeux financiers sont tellement importants que le politique, toujours dans ce système, applique les ordres provenant de l’oligarchie et est condamné à les exécuter, pour vous en convaincre, s’il en est nécessaire, il vous suffit d’observer l’outrecuidance de madame Laurence Parisot, elle même n’étant qu’une courtisane de la ploutocratie régnante.

    Vouloir ménager la chèvre et le choux tel que le fait à l’heure actuelle le Front de Gauche et les partis et associations le constituant, en voulant faire une révolution par les urnes à l’image des populations d’Amérique latine est une tromperie à l’endroit de ses adhérents et sympathisant, nul pouvoir en place ne laissera se reproduire ce qu’il s’est passé dans les pays latino-américains, les répressions policières amèneront le chaos et la guerre civile qui précédera la prise de pouvoir du fascisme.

    Le seul moyen de faire tomber le fruit trop mûr du capitalisme financier et de le pourrir par le cœur, et j’oserais dire par la queue, ceci afin qu’il tombât de l’arbre, et comment le pourrir par le cœur en Europe sinon qu’en réalisant un coup de force au Parlement européen, en prenant la majorité de celui-ci et en déclarant la Commission et le Conseil européen forclos, et en nommant en son sein un gouvernement européen provisoire ayant pour tâche de réaliser une constitution européenne couvrant les nécessités régaliennes de l’Union des États et Nations indépendants d’Europe, dont notamment le contrôle de la BCE lui retirant son indépendance pour la mettre au seul service du gouvernement européen et de ses mandants (les Peuples au travers de leur États et Nations), en abolissant tous les traités et accords depuis celui de Rome et en réécrivant le devenir des Peuples et des institutions européennes. Pour ce faire il faut que tous les partis radicaux de gauche d’Europe s’unissent dans un seul mouvement (GUE) et gagne les élections européennes, seul endroit où l’oligarchie et la ploutocratie n’ont aucune prise puisque n’ayant ni police, ni armée attachée au pouvoir des institutions européennes.

    Quel État osera s’y opposé sans craindre de déclencher l’irréversible, à savoir une nouvelle guerre mondiale à caractère nucléaire.

  7. Rien à ne redire à votre analyse : l’aile gauche tout comme le PG, et le PCF !, pareil pour l’ensemble des composantes du Front de gauche, pêchent depuis longtemps sur l’Europe, l’euro, et la déconnexion que suppose tout politique hostile au libre-échange mondialisée.
    Je suis moi-même au PG, membre de son Conseil national, et je côtoie nombre d’altermondialistes. Leur aveuglement à la fois sur la situation politique, qu’ils ne parviennent pas à caractériser sous peine d’être contraints d’en rabattre, leur pratique politique qui les conduit au même type de fonctionnement que ceux qu’ils critiquent chez les autres, la méthode Coué permanente, leur fédéralisme européen sous-jacent, leur manque de vérité à l’égard des exigences sociales, notamment dans la lutte contre le chômage, sont pénibles à vivre.
    Mais, faute d’autres structures unitaires, il faut pour l’instant s’en contenter.
    Parions que si jamais souffle le grand vent salvateur des masses en colère, nombre de ces dirigeants aux petits pieds seront balayés !

  8. Remarque préalable, je partage entièrement la définition de ce que serait une politique économique souhaitable telle qu’elle est défendue sur ce blog. Je suis donc entièrement d’accord avec votre analyse de l’évolution observée jusqu’ici, mais pas nécessairement sur les perspectives ouvertes.

    Un autre scenario que ceux que vous envisagez doit notamment être évoqué. Le calcul de Montebourg est sans doute celui-là : remplacer Ayrault à Matignon à l’occasion d’un tournant politique général – une sorte de 1983 à l’envers. En attendant, sa politique est plus cosmétique qu’efficace (puisqu’il ne peut toucher aux leviers macro-économiques), mais cela ne l’empêche pas d’engranger la popularité due à son positionnement actuel ou antérieur, ce qui renforce (un peu) la probabilité de son calcul. Celui de la Gauche Maintenant n’est vraisemblablement pas très différent, même si ses animateurs ne misent pas obligatoirement sur la personnalité de Montebourg pour incarner cette rupture. La rationalité de leur stratégie générale est cependant plus à chercher ici, à mon avis, que dans un aménagement législatif à la marge.

    Comme beaucoup de commentateurs et vous-même, on peut insister sur les arguments qui nous laissent sceptiques quant à la possibilité d’un changement du rapport de force interne au PS (vous les développez très bien, je n’insiste pas), mais il faut aussi considérer ce qui pourrait malgré tout entraîner un bouleversement.

    Certains arguments tiennent à la pression électorale. Il est assez évident que le PS court au suicide s’il ne réoriente pas sa politique. Je suis bien sûr que les exemples de Papandreou, Zapatero ou désormais Bersani, tout autant que les sondages calamiteux du moment, ont été observés avec attention dans le parti.

    D’autres tiennent à la structure même du PS. Les scores de la « Gauche Maintenant » aux élections internes ne sont pas très impressionnants de ce point-de-vue, sans être ridicules, mais pour une grande part des socialistes, l’important était alors de manifester une forme de légitimisme, non un attachement au social-libéralisme dont la popularité me paraît plutôt réduite. Je crois qu’il ne faut pas négliger que pour un vaste groupe parmi les militants (majoritaire?), l’engagement politique se structure avant tout autour de problématiques locales sans implication particulière au sujet des questions macro-économiques. Pour ce « ventre mou » (ceci dit sans mépris excessif), une réorientation de la doctrine économique du parti ne poserait pas de problème de principe (si l’on excepte bien sûr le point délicat de la confrontation nécessaire avec l’Allemagne et l’Europe). Une prise de pouvoir par le haut des « socio-alternatifs » ne présente pas d’impossibilité théorique de ce point-de-vue.

    Enfin, mais c’est un argument que vous avez vous-même avancé, la probabilité d’un chambardement à l’échelle européenne, sans qu’il parte nécessairement de France, devient toujours plus forte. Il est même finalement très difficile de croire que le statu quo se maintiendra quatre ans de plus, en ayant la politesse d’attendre la fin du mandat de François Hollande. Or dans le cadre d’un tel bouleversement, un changement de politique deviendra une nécessité (même avec Hollande aux commandes) et la possibilité d’un bouleversement des rapports de force interne au parti redevient envisageable et pourrait valider le calcul que je prête autant à Montebourg qu’aux représentants de la Gauche Maintenant.

    Cette solution serait-elle pire que l’éclatement du parti que vous préconisez? Je n’en suis pas sûr.