De retour…

Je dois bien admettre qu’il ne s’était plus passé grand-chose sur ce blog depuis les élections européennes et cette dernière vidéo sur l’Europe sociale, et j’avoue que ces derniers mois, j’ai un peu hésité à poursuivre l’aventure. Peut-être une forme de lassitude classique du blogueur qui a l’impression de radoter depuis 3 100138608_oans sur l’Europe, la mondialisation, la critique des choix du gouvernement, etc…Et puis continuer à taper sur Hollande et ses renoncements, quand d’une part on n’avait pas cru à ses promesses de 2012 (cf article d’avril 2012), et quand d’autre part tout le monde se met à lui taper dessus, ne me semblait pas forcément utile ou indispensable. Constater enfin que cette vidéo sur l’Europe sociale avait beaucoup mieux marché sur les sites d’extrême-droite qu’à la gauche du PS m’avait mis mal à l’aise, avec le sentiment que le FN avait décidément une stratégie redoutable de récupération de certaines critiques et alternatives portées pourtant depuis longtemps par la gauche critique au sens large, et que 2017 s’annonçait vraiment mal.

Mais le drame de Charlie Hebdo m’a secoué et fait réfléchir, et je me suis dit que la liberté d’expression devait certes être défendue dans son principe même, mais qu’elle devait aussi et surtout être utilisée, et qu’après tout, j’avais peut-être encore certaines colères à partager, ou certaines alternatives portées par des intellectuels que j’apprécie à relayer. J’avais d’ailleurs été choqué en septembre de la disparition de l’émission « Là-bas si j’y suis » de la grille de France inter, émission dont j’ai si souvent parlé ici et qui m’a permis, à partir du débat sur le référendum de 2005, de réfléchir autrement et de construire peu à peu ma pensée critique. J’y repensais d’ailleurs pendant le drame, parce qu’avant de 4427697_11-1-752460290_545x460_autocropdécouvrir Là bas si j’y suis, c’est Bernard Maris qui avait été l’un des premiers à me faire réfléchir différemment sur la gauche, les socialistes, la libéralisme, la financiarisation de l’économie. Je l’avais moins suivi ces dernières années, trouvant qu’il s’était un peu adouci et édulcoré en devenant plus médiatique, et que ses propositions manquaient de clarté sur l’euro ou la mondialisation par rapport à d’autres comme Lordon, Sapir, Todd, etc… Mais je trouvais encore du plaisir à lire certains de ses textes et sa disparition m’a évidemment énormément touché.

Je fais le lien avec Là-bas si j’y suis, parce qu’au final, pour des raisons bien entendu différentes, ce sont deux des rares derniers lieux sur le service public où l’on pouvait encore entendre une pensée critique qui s’éteignent, et je trouve ça désespérant alors que nous sommes embourbés dans le crise depuis des années, sans aucune perspective d’en sortir vu les mesures qui sont prises, et que l’on a plus que jamais besoin d’alternatives.
Alors je me suis dit que j’allais très modestement continuer à faire entendre ces alternatives en ce qui me concerne, d’autant que nous entrons dans une période intéressante à partir de la semaine prochaine avec l’élection probable de Syriza qui va enfin faire bouger les lignes en Europe (voir l’article de Lordon sur le OLJbkN4tsujet). J’espère que cet évènement aura notamment pour corollaire de faire bouger la gauche du PS au sens large, pour qu’elle puisse porter avec plus de force une voie alternative et sociale, qui nous sortirait en 2017 du combat attendu (voire souhaité par certains) entre un centre élargi PS-UDI-UMP d’un côté, autour d’un ticket Juppé-Valls par exemple, et le FN de l’autre.
Pour cela, il me paraît important que la gauche critique parvienne à allier ses forces en faisant la jonction entre les partisans d’une rupture franche avec la construction actuelle, quitte à reconstruire un jour quelque chose d’autre, et ceux qui prônent encore une sortie par le haut, un euro différent, une autre Europe plus politique et démocratique. En gros, les souverainistes de gauche et les altereuropéistes/mondialistes. Il me semble qu’ils partagent déjà l’essentiel sur le plan de la critique du système actuel, mais il leur faut trouver des compromis pour être en mesure de porter des solutions convaincantes et réalistes à court terme, et ne pas en laisser le monopole à Marine Le Pen. syrizaHeureusement, les positions très marquées d’il y a encore 3-4 ans commencent à se rapprocher, et beaucoup de ceux qui ont rêvé longtemps d’une sortie par le haut, d’une Europe fédérale, sont en train d’admettre que ce n’est malheureusement plus réaliste, et qu’il faut chercher des voies de sortie intermédiaires, redonnant plus de flexibilité et de prérogatives aux Etats-Nations, tout en conservant des formes de coopération entre pays. Gaël Giraud avait déjà montré la voie, mais d’autres comme Steve Ohana que je viens d’interviewer commencent également à évoluer dans ce sens. Et c’est d’ailleurs le chemin qu’avait parcouru Bernard Maris très récemment, puisqu’il avait signé pour la première fois en 2014 des articles expliquant qu’il fallait envisager et préparer la rupture avec l’euro. Je le cite : « On a le choix : sortir de l’euro ou mourir à petit feu. Sinon, le dilemme pour les pays de la zone euro est assez simple : sortir de façon coordonnée et en douceur, ou attendre le tsunami financier.  » copy-original_v1

Ce sont ces petits signes positifs qui me donnent envie de poursuivre, ou d’autres comme la renaissance de « Là Bas si j’y suis » sur Internet dès demain (là-bas.org) et la campagne lancée par François Ruffin pour faire évoluer France Inter.
A suivre donc…

3 responses to “De retour…

  1. Salut Nico, très content de te revoir et d’avoir à nouveau ton point de vue .

  2. Bonjour,
    Ravi de voir que vous reprenez de l’activité.
    Je file lire le nouvel article.
    Merci pour votre travail,
    Bertrand

  3. Patrick CARIOU

    merci de ce retour; on va en avoir besoin.