Entretien avec Gaël Giraud (3/3) : La transition écologique et son financement

Dernière partie de cet entretien avec l’économiste Gaël Giraud, et pas la moins importante puisqu’elle touche à un sujet qui me tient à cœur, à savoir l’environnement et la transition écologique. C’est le deuxième thème important de son livre « Illusion financière » avec la question de la régulation financière, et il définit cette transition comme étant le processus par lequel nos sociétés pourraient évoluer d’une organisation économique centrée sur la consommation d’énergies fossiles vers une économie de moins en moins énergétivore et polluante. Pour Gaël Giraud, il s’agit d’une nouvelle révolution industrielle à mettre en œuvre, pourvoyeuse d’énormément d’emplois en France mais aussi en Europe. Car Gaël Giraud voit dans cette transition écologique une possibilité de redonner du sens à un projet collectif européen complètement dévoyé  par le libéralisme et la financiarisation, et plus largement des perspectives à une jeune génération à qui l’on promet seulement l’austérité et le déclin. Bien sûr, pas de transition sans financement, et si Gaël Giraud n’abandonne pas l’idée d’une grande réforme fiscale, il propose dans ce livre de se réapproprier la création monétaire, aujourd’hui confisquée par les banques commerciales et les banques centrales indépendantes, pour la mettre au service de cette transition. Au passage, il s’interroge sur ce que devrait devenir l’Europe pour mener à bien un tel projet, et faisant le deuil d’une Europe fédérale (et donc notamment d’une monnaie unique) impossible à mettre en place et rejetée par les peuples, il propose plutôt d’avancer vers des institutions européennes hybrides, permettant de gérer collectivement et démocratiquement certains biens communs, dont la monnaie.

embedded by Embedded Video

Comme pour les parties précédentes, un résumé succinct de l’entretien  ci-dessous :

Acte 1 : La transition écologique et son financement

Les chantiers prioritaires de la transition (0 à 2mn30)

Après le développement durable et la croissance verte, c’est maintenant la transition écologique ou énergétique qui est à la mode, notamment avec le débat lancé par le gouvernement qui doit s’achever par des propositions début 2013. Du coup, ce terme commence à signifier tout et n’importe quoi, y compris l’exploitation des gaz de schiste…Pour Giraud, les trois principaux chantiers de la transition, pour les 30 à  50 ans qui viennent, sont les suivants :

La rénovation thermique des bâtiments, potentiellement génératrice d’énormément d’emplois et en mesure de réduire significativement notre consommation énergétique ;

L’éco-mobilité, avec la nécessaire substitution des camions et voitures individuelles par le train et les transports collectifs, ce qui nécessite de réhabiliter notre réseau ferroviaire et de revoir aussi l’aménagement du territoire en privilégiant à terme de petits centres urbains denses ;

–  Le verdissement de nos modes de production électrique, que ce soit à travers le développement des énergies renouvelables ou celui de la séquestration du CO2.

Dans son précédent livre, Facteur 12, Gaël Giraud évoquait d’autres aspects de cette transition dont nous n’avons pas eu le temps de parler dans l’entretien, et notamment l’agriculture, ou la nécessaire diminution du commerce international et la relocalisation d’activités industrielles. Il défendait aussi un protectionnisme intelligent et ciblé pour accompagner cette transition écologique, notamment pour éviter que les produits de haute qualité environnementale qui seront fabriqués en France ou en Europe, nécessairement plus chers dans un premier temps, ne soient concurrencés par des produits de moins bonne qualité importés à très bas prix.

Le coût de la transition (2mn30 à 5mn)

Pour Gaël Giraud, citant des études récentes sur la question, ces chantiers pourraient créer 6 millions d’emplois en Europe, dont 1 million en France, et leur coût a été estimé à environ 3 000 milliards sur 10 ans pour l’Europe et 600 Md sur 10 ans pour la France.

Le problème de financement posé par ces chantiers vient du fait qu’ils sont très peu rentables, autour de 2 à 3% sur 10 ans pour certains, ce qui, face aux 15-20% par an que peut procurer la finance, apparaît comme ridicule. Même pour les entreprises classiques, qui visent 7 à 8% de rendement annuel, on reste loin du compte. Le secteur privé n’est donc clairement pas en mesure de financer seul cette transition.

Quel mode de financement ? Création monétaire ou fiscalité ? (5mn à 9mn)

Pour Gaël Giraud, puisque le privé ne peut financer cette transition et que les caisses des Etats sont très peu remplies, la puissance publique dispose de deux options : la création monétaire ou la taxation de l’épargne et du patrimoine des français.

Dans Facteur 12, il insistait sur l’importance d’une réforme fiscale large et ambitieuse, avec notamment un plafonnement des revenus et une taxation forte du capital. Une fiscalité spécifiquement écologique (TIPP augmentée, taxe carbone, ou autre) est également nécessaire, pour que l’augmentation maîtrisée du prix des énergies fossiles contribue à la diminution de leur consommation et rentabilise les énergies renouvelables. En cas de fiscalité écologique, il considère indispensable de penser des mesures de compensation pour que le coût de l’ajustement environnemental ne se fasse pas sur le dos des ménages les plus précaires, souvent contraints à l’utilisation de leur véhicule ou habitant dans des logements mal isolés. Il n’abandonne donc pas la piste de la fiscalité mais pour lui les prélèvements obligatoires ne peuvent pas tout financer. Fiscalité et création monétaire seront donc nécessaires et il reconnaît qu’il y a matière à débat et qu’une solution mixte est à trouver.

Quoi qu’il en soit, il regrette que le gouvernement renonce pour l’instant à ces deux options : la grande réforme fiscale inspirée par Thomas Piketty a été remisée au placard, et la Banque Publique d’Investissement ne dispose pas d’un vrai statut de banque et ne sera donc pas en mesure de créer de la monnaie, comme toute banque commerciale le fait, pour financer de tels investissements.

Acte 2 : Le financement de la transition par création monétaire

Pour Gaël Giraud, en parallèle de la fiscalité, la création monétaire, communément (et péjorativement) appelée planche à billets, doit être utilisée pour le financement de la transition écologique. La suite de l’interview porte sur ce thème, que je trouve très intéressant mais peu évident, d’autant qu’on le présente généralement de façon très technique dans les médias sans prendre le temps de bien expliquer les différents mécanismes de création monétaire et le lien entre banques centrales et banques privées. Pourtant, dans politique monétaire il y a bien politique, et il me semble important que les citoyens se réapproprient cette problématique et ne la laissent pas entre les mains de Draghi et de ses amis banquiers. Tentative d’explication pédagogique donc !

La création monétaire et l’inflation (9mn à 14mn30)

Pour Gaêl Giraud, il est temps de remettre en cause le préjugé gravé dans l’inconscient collectif européen selon lequel la création monétaire, a fortiori par la puissance publique, serait quasiment un crime car nécessairement générateur d’inflation et à terme de ruine de nos sociétés ou de retour d’un nouvel Hitler au pouvoir.

 Déjà, si la création monétaire en elle-même était un tel péché, alors il faudrait fermer toutes les banques privées qui créent aujourd’hui ex nihilo 90 % de la monnaie, sans que ça ne choque personne, et sans que ce soit d’ailleurs connu de la majorité des gens. Il est vrai que spontanément on pense plutôt que ce sont les banques centrales qui créent la monnaie, alors que les banques commerciales prêtent l’argent des épargnants, mais ce n’est absolument pas le cas. En effet, l’argent que vous prête aujourd’hui une banque ne dormait pas hier sur un compte courant. La banque le crée à l’instant même où elle le prête, par un simple jeu d’écriture. Bien sûr, cet argent va disparaître au fur et à mesure de son remboursement et la banque est limitée par un plafond de réserves obligatoires. Il n’empêche que les banques privées ont le pouvoir de créer de l’argent et elles ne s’en sont pas privées depuis des années d’ailleurs, contribuant aux bulles d’actifs financiers et d’immobilier que l’on a connues et qui ont explosé en 2008.

Par ailleurs, toute création monétaire ne génère pas nécessairement de l’inflation, surtout si elle est utilisée pour créer de la valeur économique, comme cela pourrait être le cas avec le financement de projets environnementaux. On peut noter au passage que, ces derniers temps, le débat portait plutôt sur la nécessité ou non de création monétaire par la BCE pour faire baisser le coût des dettes publiques, et, dans ce cas, le risque inflationniste est plus grand que lorsque l’argent créé est affecté au financement d’un projet rentable. Cela dit, pour beaucoup dont Giraud, même en cas de monétisation des dettes, le risque d’inflation resterait faible étant donné le contexte déflationniste dans lequel se trouve la zone euro.

Enfin, il rappelle qu’inflation ne veut pas forcément dire hyperinflation, et encore moins Hitler au pouvoir, puisque ce dernier est arrivé au pouvoir après l’austérité des années 30, et non après l’épisode d’hyperinflation de 1922.

Je rappelle au passage un article ancien du blog concernant une excellente interview de Trichet par François Ruffin, dans laquelle il était question d’inflation et de BCE.

La monnaie, un bien commun  à mettre au service de la transition écologique (14mn30 à 21mn30)

S’il réfute le préjugé sur les dangers liés à une création monétaire par l’Etat, Gaël Giraud propose quant à lui une création monétaire réalisée au niveau européen, par une BCE dont le mandat serait complètement revu, et qui serait replacée sous contrôle démocratique.

Si Gaël Giraud se place au niveau européen c’est qu’il s’agit selon lui du bon échelon pour la gestion de certains biens communs, qui ne devraient relever ni de chaque Etat ni du marché. Il définit un bien commun comme un bien vital pour tous mais qui peut être privatisé, les ressources naturelles étant l’exemple le plus fréquemment donné. Le conflit entre intérêt individuel à exploiter le plus possible un bien commun et intérêt général à le préserver conduit à sa surexploitation voire à sa disparition si des modes de gestion et des règles ne sont pas mises en place.

Selon lui, et c’est l’une des idées originales de son livre, la monnaie sous ses deux principaux attributs, le crédit et la liquidité, devrait être considérée comme un bien commun. Crédit et liquidités sont en effet des éléments vitaux pour le fonctionnement de nos sociétés, et sont actuellement privatisés :

– il peut y avoir restriction des crédits accordés par les banques à l’économie réelle (crédit crunch), comme c’est le cas depuis 2008, ou refus de financer des projets  utiles pour la société mais trop peu rentables ;

– il y a privatisation de la liquidité pendant les grands krachs, puisque les acteurs de marché ne fournissent plus la liquidité nécessaire lorsqu’ils ne se font plus confiance, risquant ainsi de provoquer un effondrement global de nos économies.

Il me semble que Gaël Giraud partage d’une certaine façon l’idée de Frédéric Lordon selon laquelle nous ne pouvons laisser la responsabilité de ces deux biens vitaux aux marchés, aux banques et à des banques centrales indépendantes, mais nous ne devons pas pour autant la donner uniquement à l’Etat, car selon comporte quelques risques. Pour Lordon, « on voit mal par quel miracle l’état unique détenteur des moyens de la création monétaire résisterait à la tentation de devenir ‘émetteur pour compte propre’ ». Les dirigeants politiques, cherchant à se maintenir au pouvoir, pourraient  « apporter des solutions monétaires à des conflits qui n’ont pas été réglé politiquement. ». Le problème pour lui n’est pas la sélectivité politique conduisant à l’attribution des crédits – elle peut être parfaitement légitime – mais sa généralisation qui pose un double risque : « celui, microéconomique, de l’émission de crédits qui ne seront pas remboursés et celui, macroéconomique, de la surémission inflationiste ». Dans cette optique, Lordon avait proposé, dès 2008, la nationalisation du système bancaire en faillite à titre provisoire, avant de passer ensuite à un système socialisé du crédit, qui serait géré avec contrôle de l’Etat mais pas directement par l’Etat.

Gaël Giraud estime lui que cette gestion de la monnaie sous contrôle démocratique devrait idéalement avoir lieu au niveau européen, comme pour l’environnement, car les frontières nationales lui semblent trop étroites pour gérer ces biens communs. L’option nationale reste malgré tout une solution plus facilement accessible qu’il n’écarte pas en cas d’impossibilité avérée d’avancer au niveau européen.

Quelle Europe pour gérer les biens communs comme la monnaie ? (21mn30 à 25mn)

Ceci pose nécessairement la question des structures européennes qui permettraient de gérer un bien commun comme la monnaie. Pour Gaël Giraud, la construction européenne avait fait surgir l’espoir d’une gestion commune de certains biens, permettant de dépasser le dualisme Etat-marché. Mais les traités successifs ont imprimé une direction toute autre, les biens retirés aux Etats ne sont pas devenus des communs mais des biens privés. C’est le cas pour la politique monétaire qui a été remise à une BCE indépendante du pouvoir politique, mais sous la férule des banques privées.

Pour Gaël Giraud, il est nécessaire de sortir de cette logique de privatisation instituée par l’Union européenne, sans pour autant s’orienter vers un pouvoir exclusivement public, qui comporte également des risques comme évoqué plus haut, et qui est de toute façon impraticable au niveau européen. En effet, il ne croît pas au saut fédéral permettant la construction d’un grand Etat européen, pour plusieurs raisons dont la principale est que le bon fonctionnement d’un Etat fédéral, disposant d’une monnaie unique, impliquerait des transferts des pays riches vers les pays pauvres, de l’ordre de 3% du PIB par an. Selon lui, les citoyens des pays riches ne sont pas prêts à cette solidarité et ne le seront pas à moyen terme. Sur ce sujet, je rappelle l’entretien réalisé avec Philippe Murer où nous évoquions ces questions de problèmes structurels de la zone euro.

En conséquence, il propose de s’orienter vers des institutions européennes hybrides, respectant les souverainetés nationales mais permettant de gérer certaines problématiques en commun. Par exemple, pour notre sujet qui est la création monétaire pour la transition écologique, il suggère qu’elle soit menée par une BCE placée sous le contrôle d’une chambre  budgétaire de la zone euro, réunissant députés des commissions des finances des parlements nationaux et du parlement européen. Cette chambre prendrait des décisions selon une règle de vote à décider et aurait l’initiative législative, la Commission étant réduite à un rôle d’administration.

Ceci impliquerait de partager une monnaie avec nos voisins, mais pas forcément une monnaie unique comme aujourd’hui. Il propose de revenir à une monnaie commune, comme l’ECU à l’époque du SME (voir cet article du blog sur le SME), qui se superposerait aux monnaies nationales pour les échanges avec l’extérieur de la zone. Les taux de change seraient à négocier politiquement pour tenir compte des écarts de compétitivité entre pays, plutôt que soumis à la spéculation des marchés.

Acte 3 : Conclusion de l’entretien (25mn à 29mn)

Evidemment, face aux changements institutionnels radicaux proposés par Gaël Giraud concernant l’Europe, l’euro ou la BCE, se pose immédiatement la question des conditions politiques et sociales de leur mise en œuvre. Pour lui, il est clair qu’aucune des alternatives qu’il propose n’est compatible avec les traités actuels, et un gouvernement qui serait prêt à avancer dans cette direction serait conduit à désobéir à ces traités, en attendant de trouver une majorité de pays avec qui en élaborer de nouveaux. Il veut croire encore à un projet commun européen, sans doute pas à 27, mais est peu optimiste sur la possibilité d’amorcer de tels changements en Europe simplement par la concertation, la négociation et le rapport de force politique. Vu l’ampleur de la crise et le fossé qui s’est créé entre élites et populations européennes, il ne voit malheureusement pas comment une nouvelle donne pourrait surgir autrement qu’à l’issue d’un effondrement du système, par exemple une explosion de l’euro, ou d’une révolte sociale violente.

Quoi qu’il en soit, il juge indispensable qu’en attendant des alternatives soient élaborées, discutées, précisées pour pouvoir être mises en œuvre le jour où la fenêtre politique s’ouvrira. Ce travail est un complément indispensable des luttes sociales ou des mouvements type les Indignés, qui s’essouffleront s’ils ne parviennent pas à formuler des alternatives crédibles.

Pour conclure, il pense que notre génération est à un tournant historique, car nous avons encore les moyens d’agir pour éviter de compromettre l’avenir de l’humanité, mais plus beaucoup de temps pour démarrer cette révolution de nos économies. C’est pour lui un défi enthousiasmant et il croit suffisamment en l’homme pour ne pas céder au fatalisme. 

Nous avons conclu sur cette note optimiste et je remercie Gaël Giraud pour ce long entretien qui montre bien la complexité des sujets mais ouvre un certain nombre de pistes que je juge incontournables, que ce soit sur la régulation du capitalisme ou la transition écologique.

Comme j’ai assisté hier à une journée très intéressante de débats aux Assises de l’écosocialisme, je signale aussi que le Parti de Gauche fait un gros travail de réflexion sur la façon d’allier le social et l’écologie dans la critique du système et dans les propositions de changements radicaux. Certains thèmes chers à Giraud comme la révolution industrielle, la relocalisation, la fin de la croissance et du productivisme, et même le protectionnisme et la démondialisation (notamment grâce à la présence de François Ruffin et Aurélien Bernier)  ont été évoqués et débattus, ce qui me semble aller dans le bon sens. J’en reparlerai certainement bientôt et je suivrai également attentivement le débat national sur la transition énergétique.

Nota bene :

Comme pour la régulation financière, nous ne sommes pas entrés avec Gaël Giraud dans la technicité de sa proposition de création monétaire affectée à la transition écologique, qui est très longuement détaillée dans son livre auquel je renvoie ceux qui veulent en savoir plus. En quelques mots, il propose que la Banque européenne d’investissement pour les grands projets européens, ainsi que des structures nationales à créer pour les projets nationaux, puissent émettre des obligations de projet « vertes », qui seraient rachetées par la BCE à taux très bas, pas plus de 1% avec une maturité longue d’au moins 10 ans. Ensuite, une personne pourrait par exemple réaliser son dossier d’isolation auprès d’un guichet unique de la transition, et contracter un prêt à bas taux auprès de sa banque commerciale habituelle. Celle-ci pourrait ensuite procéder à un refinancement auprès d’un organisme public français ou européen ayant un pouvoir de création monétaire.

Pour plus de précision, je recommande aussi le site Financer l’avenir de la Fondation Hulot, avec laquelle Giraud travaille régulièrement sur ces modes de financement innovants.

PS : désolé pour certains soucis de son de l’interview vidéo, ce sera nettement amélioré lors de la prochaine…

5 responses to “Entretien avec Gaël Giraud (3/3) : La transition écologique et son financement

  1. Je ne connaissait pas bien Gael Giraud.
    Il m’a l’air d’une rare clairvoyance…
    Merci de nous l’avoir fait découvrir !

  2. La Banque de France vient de publier le premier rapport du comité du suivi de la réforme de l’usure; cette nouvelle a été quasi complètement occultée par les médias. Ce rapport a été dicté par le lobby bancaire: il suffit pour s’en persuader de lire p.11 les raisons d’une période transitoire, perle de langue de bois technocratique au service des intérêts de l’industrie bancaire. Pourquoi les pratiques usuraires des banques ne sont-elles jamais dénoncées ?

  3. Bonjour, il me semble que tu fais du bon travail, même si je ne partage peut-être pas entièrement ton orientation. Je suis d’accord avec la nécessité de la transition écologique et son besoin de financement. Par contre, une sortie de l’euro comme le propose Gaël Giraud, je crains que cela ne soit le début de la fin de l’Union européenne. Je serais plus favorable à des eurobonds, avec un véritable gouvernement européen responsable devant le Parlement européen, donc dans le cadre d’une Europe politique… Mais je ne suis pas économiste, juste un observateur intéressé par ces enjeux. Je penche plutôt du côté des sociaux-démocrates, des partisans du compromis. On est 27 en Europe, et une majorité de gouvernements sont à droite, on est bien obligés de faire avec, on doit négocier tous ensemble. Je suis favorable à une certaine rigueur car la dette publique me semble être un problème, par contre l’austérité telle qu’elle est pratiquée en Grèce est évidemment contre productive. Votre solution (sortie de l’euro) ne me convainc pas, je préfèrerais qu’on arrive à élaborer un programme de transition écologique et énergétique au niveau européen.
    Mais cela nécessiterait probablement une autre majorité que celle, conservatrice, que l’on a actuellement au niveau de l’UE et de nombre d’Etats. Peut-être que si l’Allemagne avec le SPD et les Verts et l’Italie avec le Parti Démocrate passaient au centre gauche en 2013, cela modifierait un peu la situation ? Je suis plus réservé sur la gauche plus radicale type Mélenchon. Certaines idées sur l’écologie, la taxation du capital et de la finance, sont bonnes, mais le ton un peu martial des leaders de ces partis me fait douter de leur capacité à maintenir le compromis qui est la base du fonctionnement de l’UE/CEE depuis sa création en 1957…

  4. Sur le même sujet, le point de vue d’Alain Grandjean, économiste qui pilote le groupe d’experts engagés dans le débat sur la transition énergétique lancé par le gouvernement : http://www.liberation.fr/economie/2012/12/03/alain-grandjean-la-transition-energetique-securise-l-avenir_864589

  5. Entretien très intéressant sur le financement de la transition énergétique, par contre j’ai un gros doute sur la sortie de l’euro. Je crains que la fin de l’euro ne soit aussi le début de la fin de l’UE, ce qui serait dramatique. Ne peut-on pas plutôt envisager un renforcement de l’intégration politique, une harmonisation fiscale, une mutualisation partielle des dettes de la zone euro, des « eurobonds » permettant de financer les chantiers de la transition écologique ?