Chose promise, chose due, je viens de réaliser un entretien avec l’économiste Gaël Giraud sur la crise européenne et sur ses propositions pour en sortir. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, j’ai mis en fin d’article une vidéo du début de l’entretien dans laquelle il se présente et rappelle notamment son parcours atypique : il a d’abord travaillé sur les marchés de dérivés de crédit, avant de tout quitter pour devenir jésuite et chercheur en économie. Il se définit l
ui-même comme économiste critique et engagé, révolté par la situation actuelle en Europe et les politiques antisociales mises en œuvre dans certains pays, politiques qu’il juge par ailleurs totalement inefficaces. Pour faire une comparaison rapide avec d’autres économistes que j’apprécie et dont je parle régulièrement sur ce blog, ses idées présentent des similitudes avec celles de Frédéric Lordon sur la critique de la finance dérégulée, et celles de Sapir-Todd-Murer sur la démondialisation et les défauts structurels de la zone euro. Il travaille beaucoup également sur les questions de création monétaire, et estime notamment que la monnaie (crédit et liquidités) est un bien commun vital pour nos sociétés, dont la gestion ne doit pas être totalement privatisée comme c’est le cas aujourd’hui.
Au final, il s’attaque comme d’autres hétérodoxes au cadre structurel qui contraint nos politiques économiques et empêche toute vraie alternative, et que Lordon avait défini ainsi : le libre-échange, la politique monétaire européenne et la finance dérégulée. C’est sans doute pour cette raison qu’on le voit trop peu dans les médias traditionnels…Il agrandit même le cadre d’un der
nier volet, qui me semble fondamental : la nécessaire prise en compte des contraintes environnementales et énergétiques. Ceci le conduit à penser qu’il ne faut pas attendre notre salut d’un retour de la croissance et d’un remake des 30 Glorieuses. Il est proche en cela d’économistes comme Alain Grandjean et Jean Gadrey. Bref, j’étais ravi de pouvoir discuter pour la première fois avec lui, à l’occasion de la sortie de son dernier livre, Illusion financière, que je recommande par ailleurs. Dans cette première partie de l’entretien, Gaël Giraud fait le point sur la situation en Europe, en rappelant comment on en est arrivé là et quelles sont les perspectives pour 2013 et les prochaines années, si les politiques actuelles sont poursuivies.
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ait faire Hollande, d’après Doisy et dans le cas où il serait élu, entre l’Europe libérale et l’austérité ou la mise en œuvre d’un programme de gauche.
serré de tous les programmes comme certains lecteurs le souhaitaient (désolé !), mais pour reparler de la difficulté qu’aurait un éventuel président de gauche à mener une politique de gauche, voir même à juste préserver le modèle social actuel, sous la pression conjointe de l’Europe et des marchés.
de la Banque Centrale Européenne en novembre, succédant ainsi à notre cher et bien-aimé Jean Claude Trichet. Je ne reviens pas sur son parcours personnel, qui avait été très commenté lors de sa prise de poste, notamment parce qu’il sortait de Goldman Sachs chez qui, apparemment, il avait été associé au maquillage des comptes de la Grèce…voir 
