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Songe d’une Nuit de printemps

Donner ou pas mon avis sur Nuit Debout, j’y pense depuis un mois, je tergiverse. Au début, je voulais surtout dire du bien de « Merci Patron », docu formidable dont on sort effectivement avec l’envie d’agir, réalisé par Ruffin dont je suis un grand fan depuis mes premières écoutes de « Là Bas si j’y suis » en 2005, au moment du Traité et du Non au référendum. Moment de bascule pour moi, et peut être pour d’autres, car Ruffin, comme Lordon que j’avais découvert au même moment, ou Halimi, m’ont fait évoluer politiquement, me faisant réaliser à  merci quel point les socialistes se moquaient de nous depuis les années 83, à quel point l’Europe était une machine à libéraliser, etc… Alors forcément, devant un mouvement comme Nuit Debout, initié puis soutenu par des personnes que j’apprécie autant, dont je me sens si proche sur le fond, j’ai eu envie très tôt de faire part de mon modeste soutien et de faire acte de candidature pour y contribuer d’une façon ou d’une autre. Puis, quelques jours plus tard, j’ai pu enfin me rendre Place de la République, et je dois avouer que ma première impression n’était pas positive, que je ne me retrouvais pas dans ces combats et revendications multiformes couvrant absolument tous les sujets, dans cette volonté absolue d’horizontalité, de démocratie pure et parfaite, qui par expérience vécue se transforme souvent en blocages sans fin, en discussions portant plus sur les règles que sur le fond. L’impression aussi qu’il n’y aurait jamais convergence, que les débats planaient trop loin de la réalité des gens, que les propositions esquissées brassaient trop larges, mélangeaient trop le social et le sociétal, que cette absence de direction allait finir dans le mur, et que décidément la gauche critique ne parviendrait jamais à proposer quelque chose de convaincant. Du coup, je voulais écrire pour parler de cette inquiétude, du besoin d’organisation, du fait que je soutenais la tentative réalisée à la bourse du travail le 20 avril par Ruffin, Lordon et Halimi de construire un projet, de lordondonner un horizon pour canaliser l’énergie qui se déploie soir après soir, de chercher les convergences avec ceux qui ne sont pas présents pour le moment. Mais certains l’ont très bien fait (Renaud Lambert, Pascale Fourier, Ludivine Bénard), donc je me suis abstenu. Je me suis marré quand certains ont commencé à parler de gourous pour Lordon et Ruffin, un peu inquiets quand même de voir que le mouvement se posait des questions de fond sur le cadre néolibéral de notre société et la façon d’en sortir, alors qu’ils espéraient un mouvement vaguement hippie qui squatterait juste quelques places pendant 2-3 mois. Je me suis dit aussi que quitte à chercher des convergences, il serait bon d’essayer d’en trouver aussi entre les différents intellectuels ou économistes qui de près ou de loin soutiennent le mouvement, et devraient être les artisans de la construction de ce nouveau cadre, de cette alternative au TINA dont on parle beaucoup, mais dont Georges Monbiot rappelle dans ce formidable papier qu’on attend toujours qu’elle soit couchée sur le papier, prête à servir à la prochaine crise du type 2007. Parce que si tout le monde est d’accord pour critiquer le cadre actuel ou les mesures du gouvernement qui en découlent, sur les réponses à apporter, on est loin d’un début de consensus. Une autre Europe, un euro social, une Europe à 6, avec ou sans l’Allemagne, une sortie de l’euro, une sortie de l’Europe ? Premier exemple, parmi beaucoup d’autres : protectionnisme, on en parle ou pas ? contrôle des capitaux ? nationalisations ? décroissance ? Vu l’ampleur de la tâche et des contradictions à lever, je ne suis malheureusement pas persuadé que la construction d’un projet alternatif pourra se faire en AG, par interventions de 2 mn. Et j’avoue que ces derniers jours, j’avais plutôt l’impression que l’énergie nuitdeboutformidable mobilisée depuis un mois allait juste se dissiper peu à peu dans une volonté trop grande de perfection démocratique et d’absence de hiérarchisation des sujets à traiter ou combats à mener. Et je commençais même à me dire que les tenants du système, qui du haut de leur position dominante se moquaient avec cynisme du manque d’organisation et de direction, de l’irréalisme, de la naïveté ou du manque de cohérence de certaines propositions, n’avaient peut-être pas complètement tort.

 Je me suis couché dans cet état d’esprit-là hier soir, sans trop d’illusions, et puis j’ai fait un rêve. Dans ce rêve, j’arrive Place Vendôme, pour aller jeter un œil par curiosité à ce forum « Medef Debout » organisé depuis 10 jours et dont tout le monde parle. En arrivant, je vois un cordon de CRS sur place, sans doute pour éviter les débordements. En fait non, c’est juste pour éviter que des citoyens viennent de l’extérieur perturber le déroulement du forum, d’autant que Valls doit passer dire un mot en fin de soirée pour saluer le mouvement. Pour entrer, c’est select, faut faire partie grosso modo des 1% les plus riches, ils rigolent pas indexavec ça, après tu peux être banquier, patron, haut fonctionnaire, homme politique, peu importe. On est dans l’entre-soi et on entend bien le rester, même s’il y a des débats sur place pour savoir si les 0,1% ne sont pas un peu sur-représentés sur la Place, et comment s’assurer de toucher vraiment les 1%, histoire d’élargir la base et d’être plus costaud face aux revendications populaires. Je réussis quand même à m’incruster, et je tombe d’abord sur « Média debout », une tente assez luxueuse où se relaient au micro des journalistes ou éditorialistes avec l’objectif de lutter contre les médias traditionnels trop à gauche, et ce en tenant le micro 24h/24. C’est d’ailleurs Apathie qui vient de succéder à Barbier, et qui fait un point sur la rigueur nécessaire et le fardeau de la dette pour les générations futures. J’aperçois Yves Calvi dans les starting blocks pour interviewer ensuite Elie Cohen sur les réformes incontournables pour moderniser la France. « Radio debout », juste à côté, a organisé un débat entre Dominique Seux et Brice Couturier sur l’Europe, mais ce dernier menace de partir si je pose encore une question sur l’Europe Sociale. Je me fais discret et file à « Biblio debout » où des mecs proposent la série complète des 40 bouquins d’Alain Minc et Attali sur la crise. C’est un peu emploischer, du coup je prends plutôt le dernier livre de Gattaz qui est gratuit, avec un Pin’s « 1 million d’emplois » offert en prime. En parlant d’Attali, j’attaque ensuite les stands des diverses commissions thématiques, et ça commence par la commission du même nom qui propose un certain nombre de rapports clés en main de 200 pages, quel que soit le sujet qu’on évoque.  J’ai pas le courage d’écouter la lecture de celui sur les notaires, et enchaine sur le stand voisin de la Commission « Europe », qui se demande comment sauver l’Europe du péril démocratique. C’est un peu technique, avec en plus des participants qui viennent de plein de pays, donc je décroche assez vite pendant la lecture d’un texte référence de Trichet sur le sujet. Je repasserai plutôt pour mater le documentaire de Quatremer prévu dans une heure sur la fainéantise des grecs et les raisons de la crise de 2007, ce sera sûrement plus vivant. En parlant de docu, y a une tente à côté qui diffuse des reportages historiques intéressants sur l’Union Soviétique, ou la Corée du Nord, dans le but de rappeler quelles sont les alternatives au libéralisme. Une vieille dame pleure. Je zappe et je passe voir les stands plus ludiques mais un peu perchés, comme celui de la commission « Agriculture », avec des hurluberlus sponsorisés par Monsanto qui font des démonstrations de melons sans qu’il y ait besoin de terre, juste avec des engrais et des pesticides, et qui font rêver la foule avec des maquettes de fermes-usines pouvant contenir plus de 2000 vaches, et autres délires dans le genre. Je goute quand même un bout de melon insipide, avant de filer écouter la « Silicon » Commission, qui a fait venir des gourous américains qui promettent des taxis sans conducteurs, des usines sans travailleurs, des robots partout et des hommes génétiquement modifiés pour vivre 150 ans avec un revenu de base de 400 euros par mois pour compenser l’absence de boulot. Ok, ça fait un peu trop d’utopie pour moi, je reviens les pieds sur terre en filant à la Commission « Pédagogie libérale », animée par François Lenglet, qui est venu avec plein de courbes et de jeux ludiques pour comprendre le poids des charges en France, ou l’ampleur de la dette par personne. Assez bP3qlwlinteractif, il y a un jeu marrant où chacun peut essayer de réduire le déficit des retraites en jouant sur la baisse des prestations ou le recul du départ à la retraite. Il fait aussi participer le public pour trouver des slogans mobilisateurs. On entend « libérer la croissance »,  je propose « pas d’embauches sans licenciement », quelqu’un crie « trop d’impôt tue l’impôt », un autre «se réformer ou disparaitre ». Sympa, mais toutes ces discussions manquent un peu de peps, et un patron propose d’ailleurs de monter des actions coup de poing pour aller soutenir des patrons harcelés par des grèves ou des revendications insupportables. Je propose pour déconner de tomber la chemise en hommage au directeur d’Air France, mais les mecs sont d’accord et certains commencent à le faire. Je dis les mecs parce qu’ils sont 95% sur la place, je demande si c’est par volonté de non mixité permettant de mieux dire ce qu’on a sur le cœur, mais non, c’est juste comme ça, personne s’est vraiment posé la question. Bon, il est temps d’aller jeter un œil au centre de la place, où se tient l’AG. Alors en terme de fonctionnement, ils ont retenu le modèle de la démocratie actionnariale, t’as droit à plus de temps de parole en fonction de tes moyens. Il y a quand même des votes sur certains sujets, mais si besoin on s’assoit sur le résultat du vote et on décide l’inverse. Ca fait en tout cas une heure que Bernard Arnaud, venu en guest, explique comment il a aidé les ouvriers polonais et asiatiques à sortir de la pauvreté en implantant des usines chez eux. Il a d’ailleurs ses fans dans la foule, qui arborent un tee shirt Merci Patron en ruffinhommage, avec sa tête dessus, et qui secouent des sacs Louis Vuitton quand ils sont d’accord. Je crois que c’est pour se moquer mais non, ils sont sérieux. L’assemblée sort d’ailleurs de sa bienveillance 5mn quand un certain Ruffin essaie de s’incruster au micro pour parler des usines fermées du Nord, il se fait dégager illico et sous les crachats par une bande d’actionnaires furieux aidés par des CRS. Ensuite l’AG reprend, et un débat est lancé pour savoir s’il faut baisser les dépenses publiques de 100 ou 200 Mds pour sauver la France. Un peu déprimant, du coup je vais me remonter le moral chez « Avocat Debout » qui accueille d’autres gens un peu sur les nerfs après les Panama et Lux leaks, et leur propose presque gratuitement des options alternatives plus sécurisées pour leurs placements. Un peu trop technique pour moi, je poursuis ma visite, je refuse pour la 10ème fois d’acheter un poster de Reagan et Thatcher, je zappe les extrémistes de la Commission « Temps de Travail » qui proposent des semaines de 48h et la fin de la pause dominicale,  j’écoute juste 5 mn le PDG de Total qui anime la Commission « Climat et totalenvironnement », et propose une croissance infinie mais verte pour sauver la planète. Juste à côté une tente fermée et très protégée, impossible d’y entrer, apparemment c’est la Commission « Libre échange » qui réfléchit en huis clos sur les prochains Traités. Avant de partir, je repasse une tête à l’AG où le débat porte maintenant sur la façon d’influencer ce gouvernement beaucoup trop à gauche, pour qu’il assume une fois pour toute son libéralisme et aide les patrons à sortir la tête de l’eau. Je propose de loin un slogan, « hé ho la gauche libérale », mais ça fait un bide. Ils décident plutôt d’envoyer un groupe d’ex haut-fonctionnaires faire du lobbying à en marcheBercy, et 3-4 mecs en costume se mettent En marche illico. C’est trop pour moi, heureusement je me réveille au moment où l’AG proposait de réfléchir à la suite du mouvement, avec l’idée de lancer des Bruxelles Debout, Wall street Debout et autres Panama Debout.

En me réveillant, je me dis que finalement, la folie, l’utopie, l’irréalisme, l’entre soi, et même la violence, elle est au coeur de ce système dans lequel on baigne depuis 35 ans. C’est ce système qui nous emmène dans le mur et qui ne sait pas faire autrement, malgré l’expertise et le côté raisonnable dont il ne cesse de se prévaloir.  Et je me dis que ce mouvement Nuit Debout encore balbutiant, hétéroclite certes, utopiste, manquant d’organisation, de cohérence, de représentativité, il est là, il a le mérite d’exister, de durer depuis un mois, de proposer des pistes, de tâtonner autour de la réappropriation indispensable de la souveraineté populaire, et que d’une façon ou d’une autre, il mérite d’être soutenu, même avec un regard critique et exigeant. Parce que cette fichue alternative, on l’attend depuis des dizaines d’année, alors on peut attendre encore quelques mois que des éléments plus constructifs émergent, et qu’un projet d’autre société se dessine peu à peu.

Là-dessus, je décide de me lever, c’est l’heure.

L’après-débat Hollande-Sarkozy, et derniers commentaires sur le premier tour

Je ne pensais pas écrire après le débat et certainement pas le commenter, mais finalement la lecture d’un éditorial du Monde m’a donné envie d’en dire un mot quand même. Sur la forme, je trouve que Hollande s’en est plutôt bien sorti, bien mieux que prévu par certains, face à un Sarkozy accablé par son bilan.

Sur le fond, je trouve que c’était un débat sympathique entre un centre modéré et une droite dure, mais personnellement, je me suis demandé tout le long si la gauche était vraiment qualifiée pour le deuxième tour. J’ai trouvé du coup complètement logique que, dans la foulée, Bayrou se prononce pour le PS au second tour, parce que franchement, il aurait pu remplacer Hollande sans qu’on n’y voit la moindre différence. Bon en même temps, je ne m’attendais pas à être bouleversé par les propos de Hollande, mais plus largement, j’ai surtout trouvé que les discussions étaient complètement en décalage avec le monde dans lequel on vit, les grandes crises qu’il traverse et les conséquences que cela a déjà ou aura dans les prochaines années pour notre société, pour les gens, des classes populaires aux classes moyennes : Continue reading

Les marchés et l’Europe ou une politique de gauche (article 2/2)

Suite et fin de mes commentaires à propos de l’interview de Nicolas Doisy (Chief economist chez Chevreux) par François Ruffin, sur les élections, Hollande, la pression des marchés. Dans ce deuxième article, il sera surtout question du choix que devrait faire Hollande, d’après Doisy et dans le cas où il serait élu, entre l’Europe libérale et l’austérité ou la mise en œuvre d’un programme de gauche.
A la fin du précédent article, j’en étais resté au fait que pour Doisy c’était évident, comme Mitterrand en 83, Hollande choisirait l’Europe et devrait trouver une formule pour vendre ce renoncement à ses électeurs de gauche. Continue reading

Les marchés et l’Europe ou une politique de gauche ? ( article 1/2)

Le premier tour approche, les bons scores de Mélenchon au premier tour et de Hollande au second se confirment, même si rien n’est fait je pense, il peut encore y avoir des surprises dans les deux cas. Je voulais quand même reparler d’Europe avant ce vote de dimanche, pas pour faire un comparatif serré de tous les programmes comme certains lecteurs le souhaitaient (désolé !), mais pour reparler de la difficulté qu’aurait un éventuel président de gauche à mener une politique de gauche, voir même à juste préserver le modèle social actuel, sous la pression conjointe de l’Europe et des marchés. Continue reading

75% de Hollande, quelques éléments complémentaires

Suite et fin aujourd’hui de l’article sur la mesure annoncée par Hollande de créer une tranche marginale de l’IR à 75%. Après avoir passé le premier article à montrer que cette mesure ne concernerait qu’un cercle très étroit de grandes fortunes, et qu’elle aurait pour ces dernières des conséquences bien plus faibles qu’annoncé dans les médias, je dois maintenant avouer que tous ces calculs théoriques sont en fait très loin de la réalité…car si aujourd’hui la tranche marginale de l’impôt sur le revenu est de 41%, les très hauts revenus paient en fait beaucoup moins que ça…ils paient même beaucoup moins que vous et moi…

Aux Etats-Unis, cette problématique a été mise en avant par le milliardaire américain Warren Buffett, qui avait constaté qu’en 2010, son taux d’imposition représentait 17,4% de ses revenus imposables, alors que celui des 20 personnes travaillant dans son bureau était compris entre 33% et 41%. Considérant que cette situation était économiquement aberrante, il demandait une vraie réforme fiscale, avec la création de tranches d’imposition nouvelles pour les revenus supérieurs à un million de dollars. Etonnamment, Maurice Levy n’évoquait pas cette question lors de son appel héroïque à être exceptionnellement un peu plus taxé…pourtant le même phénomène a lieu en France avec une dégressivité de l’imposition au delà d’un certain niveau de revenus. Continue reading

Jean-Claude Trichet, 10 ans au service des plus démunis ?

François Ruffin est journaliste sur France Inter, notamment pour l’émission « Là-bas si j’y suis » de Daniel Mermet.  Pour le présenter, je dirais que c’est un peu un Mickaël Moore à la française, sans la casquette Nike et le verre de Coca XL. Mais lui aussi manie l’humour et l’ironie, et il se donne un style faussement naïf qui permet de poser les questions qui fâchent.

Bref, j’aime beaucoup ce qu’il fait et là, en fin d’année dernière, il avait réalisé une série de reportages passionnants à Francfort, sur la Banque Centrale Européenne.   Une BCE que l’on connaissait assez mal je trouve, malgré son importance et les pouvoirs dont elle dispose, jusqu’à la crise financière puis européenne de 2008. Elle s’est retrouvée depuis sur le devant de la scène, d’abord lors du sauvetage des banques, puis pour préconiser (et imposer) des plans de rigueur aux populations européennes.

J’ai extrait de ce reportage de Ruffin l’un des moments forts, son interview de Jean Claude Trichet, quelques jours avant la fin de son mandat de président de la BCE. Ruffin récapitule d’abord le parcours de Trichet depuis 30 ans, du cabinet de Giscard à Francfort, en passant par Bérégovoy et Balladur :

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L’entretien en lui-même est ici :

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C’est vraiment un entretien passionnant, d’abord parce que l’on n’entend pas si souvent Trichet, encore moins se faire secouer par un journaliste, mais surtout parce qu’il est le technocrate européen par excellence, encensé aussi bien par la gauche que par la droite depuis le début de son mandat. Soi-disant  apolitique, il prétend se contenter de remplir une mission de maintien de la stabilité des prix au bénéfice de tous, dans le seul but de retrouver la croissance, diminuer le chômage, etc…Or Ruffin veut justement montrer le contraire : que sous couvert d’indépendance et de neutralité, de mesures techniques sur les taux d’intérêts que pas grand monde ne comprend,  en fait pendant 10 ans, crise ou pas crise, il a mené lui-même ou préconisé aux gouvernements des réformes structurelles d’inspiration clairement néolibérale : privatisations, stagnation des salaires (mais pas des profits financiers…) pour éviter l’inflation, dérèglementation financière, baisse des charges sociales pour les entreprises, flexibilisation du marché du travail, etc… D’ailleurs, Trichet ne s’en défend même pas dans l’interview, Continue reading

Choisir ses importations, on peut être de gauche et y réfléchir !

Le dernier livre de François Ruffin, Leur grande trouille, ouvre une réflexion vraiment intéressante sur le protectionnisme, à l’échelle européenne…oui il est possible de réfléchir sur des quotas ou des droits de douane sans être xénophobe, et même en étant de gauche…le thème est moins tabou depuis l’émergence de Montebourg et de sa démondialisation mais il reste difficile d’en parler sur un plan purement économique, comme d’un simple outil à utiliser lorsque nécessaire…on est très vite amené à se justifier sur un plan moral, à devoir prouver qu’on a rien contre les Chinois qui se développent et que l’on est pas pour la guerre. François Ruffin, parmi d’autres comme Todd ou Sapir tente de contribuer au débat, et son livre est passionnant. Il en parle rapidement dans cette vidéo.

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Si ça vous a intéressés, une interview plus complète (40 mn) ci-dessous :

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