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Entretien avec Laurent Herblay sur l’élection de Syriza et le retour de la souveraineté nationale

Déjà plus d’un mois que Syriza est arrivé au pouvoir en Grèce, et difficile de dire si les espoirs de changement en Europe et de retour de la démocratie nés à cette occasion sont encore d’actualité aujourd’hui. Comme prévu, la confrontation a été violente avec les institutions européennes et les autres Etats Membres, et malgré une réelle volonté    greece-election-2015-what-would-syriza-victory-mean-europe     d’instaurer un rapport de force, les premiers compromis ont été plutôt décevants et les discussions des prochains jours confirmeront peut être que la Grèce a décidé de plus ou moins rentrer dans le rang. Ce n’est pas encore certain, mais cela démontre en tout cas qu’il a peut être manqué une carte dans le jeu de la Grèce, à savoir la menace de quitter et donc déstabiliser la zone euro. C’est ce que prédisait Frédéric Lordon dès janvier en appelant Syriza à renverser la table, et c’est également l’avis de Laurent Herblay que j’ai rencontré pour photo-laurent-pinsolle-conference-19-mars1revenir avec un peu de recul sur cette élection. Il est l’animateur d’un blog passionnant que je lis depuis des années, Gaulliste libre, qu’on a bien du mal à classer à droite quand on lit ses articles jour après jour. Il revient aussi dans cet entretien sur la notion de souveraineté populaire et nationale, et sur la possibilité d’alliances stratégiques en France entre gauche critique et gaullistes sociaux ou souverainistes modérés, sur le modèle de ce qu’a fait Syriza en Grèce pour obtenir la majorité. Cela me semble indispensable d’y réfléchir et de trouver des passerelles entre ces deux familles, car sans cela, l’alternative se limitera à l’UMP-PS d’un côté, éventuellement unis un jour et représentés par Juppé ou Valls, et le FN de l’autre. Le blog de Laurent Herblay me semble être l’une de ces passerelles.

Nico : Votre famille politique n’est pas celle de la gauche critique, mais vous vous étiez pourtant réjouis sur votre blog de l’élection de Syriza en janvier dernier, pour quelles raisons ? Qu’est-ce que cette élection a symbolisé pour vous ?

Cette élection avait envoyé un message d’espoir formidable. Continue reading

Steve Ohana : « Mon utopie d’une Europe fédérale ne se réalisera probablement pas »

En guise d’article de relance de ce blog, j’ai eu l’opportunité de rencontrer et interviewer l’économiste Steve Ohana, dont j’avais vraiment apprSteve-Ohana-La-France-malade-de-l-euro-1914.pngécié le dernier essai « Désobéir pour sauver l’Europe ». Cet essai est sorti en 2013 mais n’a rien perdu (malheureusement) de son actualité, puisque son analyse du mauvais diagnostic de nos dirigeants et de la spirale déflationniste dans laquelle rigueur et compétitivité allaient nous entrainer s’est révélée très pertinente. Il proposait également un certain nombre d’alternatives dans cet essai, avec en fil conducteur l’idée qu’il y avait encore matière à sauver l’idée d’une Europe plus politique et démocratique, à condition d’assumer le rapport de force avec l’Allemagne et de mettre en place l’ensemble des institutions nécessaires au bon fonctionnement d’une zone monétaire 41tJezERx-L._SY344_BO1,204,203,200_comme la zone euro. L’évolution du contexte depuis deux ans l’amène dans cet entretien à revenir sur cet espoir d’une autre Europe, et à honnêtement reconnaître que l’avenir lui semble désormais très incertain, notamment sur le plan politique. Un retour sur la crise européenne et ses perspectives qui me semblait intéressant à quelques jours d’une élection en Grèce qui ouvre de nouveau le champ des possibles.

Nico : Pour commencer, quelle est votre analyse de la situation en Europe plus de six ans après le début de la crise. Certains parlaient en 2014 de sortie du tunnel, d’autres insistent sur la situation sociale dramatique dans beaucoup de pays européens. Où en sommes-nous début 2015 ? Continue reading