Vidéos du week end : la crise grecque

Depuis le début de l’année, et sans surprise puisque rien n’avait été réglé en 2011, la question de la crise grecque est revenue sur le devant de la scène, avec son lot d’images d’émeutes, de reportages sur la difficulté de la vie sur place, de clichés sur les grecs paresseux, et en parallèle toujours la seule et même « solution » mise en avant, la rigueur, toujours plus de rigueur, malgré l’échec absolu de cette stratégie et le mur dans lequel elle est en train de mener la Grèce puis l’Europe toute entière.

Du coup, j’avais prévu de faire une petite revue de presse d’articles de la semaine sur le sujet, et puis je suis tombé sur une vidéo d’un économiste que je ne connaissais pas, Gaël Giraud, qui intervenait en décembre 2011 dans un colloque et j’ai trouvé ça vraiment très intéressant et pédagogique.

Cet économiste, que je suis ravi de découvrir,  a un parcours atypique : chercheur en économie au CNRS, il a pendant quelques temps travaillé pour une banque d’investissement, puis est devenu jésuite (pour s’en repentir ?) et a développé ensuite des analyses sur la réforme du système financier et bancaire, ainsi que des réflexions sur le protectionnisme européen.

Dans cette intervention, il présente de façon très claire et argumentée la situation gravissime que traverse l’Europe depuis 2 ans, l’échec des solutions mises en oeuvre, les intérêts ou raisons qui conduisent à ce blocage (aveuglement idéologique des responsables européens, refus de l’Allemagne de monétiser les dettes et d’être solidaire des pays du sud, poids du lobby bancaire), ses recommandations à court terme pour stopper cette spirale récessionniste (défauts sur une grande partie des dettes, monétisation)  et  également ses propositions pour relancer l’Europe à plus long terme (financement par la BCE de la transition écologique et énergétique, dans le cadre d’un protectionnisme européen).

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C’est clair non ? Plus largement, ce que je trouve complètement fou, c’est qu’après deux ans de politiques de rigueur qui se traduisent (comme prévu…) par des récessions de plus en plus fortes aggravant le problème de la dette au lieu de le résoudre, les responsables européens en soient toujours à préconiser les mêmes recettes. Pire, ils essaient même d’institutionnaliser cette austérité généralisée au sein du nouveau traité ou dans le Mécanisme européen de stabilité financière (dont je reparlerai). Pourtant dès 2010, beaucoup de gens avaient fait des analyses proches de celle de Gaël Giraud, expliquant très clairement que, malgré les plans successifs « d’aide » à la Grèce et les cris de victoire qui les ont accompagnés dans les médias, la situation ne pouvait que se détériorer et se propager à d’autres pays. J’ai regroupé quelques interventions sur le sujet de Lordon, Kahn et Sapir qui m’avaient marqué à l’époque, en 2010.

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Plus récemment, je suis tombé sur un débat où Emmanuel Todd parle tout simplement de folie collective des élites européennes, confrontées à l’effondrement progressif de tout ce en quoi elles ont cru depuis 30 ans (élargissement européen, euro, rigueur budgétaire, financement des dettes par le marché, etc…), qui réagissent…en appliquant toujours les mêmes recettes, faute d’avoir pensé des alternatives !

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Malheureusement ces points de vue critiques (et qui ont montré leur pertinence depuis 3 ans) restent quasi inaudibles sur les grands médias, qui préfèrent mobiliser leurs experts politiques  sur le décryptage du dernier sondage donnant un point de plus ou de moins à Hollande ou Sarkozy.

Il est clair que nous ne sommes pas prêts de voir au 20h David Pujadas ou Laurence Ferrari interpeller un responsable de la BCE par exemple, comme l’a fait récemment un journaliste irlandais lors d’une conférence de presse. Outré de voir le peuple irlandais sommé de rembourser les créanciers d’une banque en faillite, sous peine d’arrêt brutal de l’aide européenne, il ne se laisse pas convaincre par les belles paroles de ce technocrate en costume qui fait semblant de partager et comprendre la souffrance du peuple irlandais. Un bel exemple de ce que devrait être un journalisme porte-parole des citoyens, surtout en temps de crise.

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One response to “Vidéos du week end : la crise grecque

  1. La crise grecque a toujours été un sujet difficile à contenir, ça reste encore un problème. Quand est-ce que ce problème va-t-il se régler ?